CORONAVIRUS ET LIBÉRATION DE DÉTENUS : ATTENTION À NE PAS REMETTRE DES LOUPS DANS LA BERGERIE !

L’administration pénitentiaire haïtienne fait face à des défis majeurs. La surpopulation carcérale n’est qu’un des points sombres du tableau des conditions de vie en prison. À cause de l’illégale détention préventive prolongée, des prisons sont surencombrées certaines abritent le triple de l’effectif qu’elles ne peuvent accueillir. Les conditions d’hygiène dans les maisons d’arrêt laissent à désirer. Rupture de stock de nourriture et de médicaments, incapacité à trouver de l’eau, tuberculose, poux, gale etc. sont des éléments marquants du quotidien des lieux d’enfermement des prévenus et des condamnés. Avec la confirmation de l’existence de personnes infectées par le coronavirus sur l’étendue du territoire national, les personnes privées de liberté constituaient aux yeux de plus d’un une catégorie très vulnérable.

L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) a accueilli favorablement la décision des autorités judiciaires de désengorger les prisons en intervenant sur cette violation des droits humains que représente : la détention préventive prolongée. Toutefois, fort de ses années d’observation du fonctionnement de la justice, conscient des faiblesses du système judiciaire haïtien gangréné entre autres par la corruption et sachant d’expérience que diverses initiatives ont déjà servi à remettre en liberté des criminels notoires, l’organisation de promotion et défense des droits humains a jugé bon de rappeler à ses observateurs répartis dans les 18 juridictions judiciaires de la République d’être plus vigilants.
Après analyse des rapports de ses observateurs, l’OCNH tient à ;

1- Féliciter le Doyen Noé Pierre Louis MASSILLON ainsi que tout le personnel judicaire de Saint-Marc qui ont fait un travail hors paire ! Malgré la menace du COVID-19, ils ont respecté la procédure et seule la catégorie concernée a pu bénéficier de la disposition prise. Durant la journée du 30 mars 2020, 45 dossiers ont été vidés au niveau du Tribunal de Première Instance de Saint-Marc et le Lundi 06 avril 2020, le Tribunal a entendu 16 affaires correctionnelles pour 20 détenus seulement de sexe masculin comme en attestent les résultats contenus dans le tableau précédent.

2- Solliciter du Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique l’ouverture d’une enquête en vue de déterminer la conformité des libérations réalisées dans les juridictions de Port-au-Prince et de Croix-des-Bouquets où nos observateurs ont rapporté de graves irrégularités dont la libération de personnes condamnées pour meurtre, assassinat, viol, détention illégale d’arme à feu et infanticide.
3- Solliciter l’implication formelle des organisations de promotion et défense des droits humains dans le processus visant à « gracier des personnes pour raison humanitaire ».
Cela contribuera à rapprocher d’Haïti de l’actualisation de cet « Etat de Droit » dont nous rêvons !

 

 

 

Delmas, le 8 avril 2020
Me Camille OCCIUS
Coordonnateur Général

Un commentaire

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