Circulaire de la BRH : L’ Atelier de Travaux de Recherches Economiques pour mieux Préparer l’Avenir (ATREPA) fait une analyse complète

L'Atelier de Travaux de Recherches Economiques pour mieux Préparer l'Avenir (ATREPA) vous propose cet article dans le cadre de l'analyse de la circulaire publiée le 18 juin 2020 par la BRH sur les banques et les maisons de transfert qui sera adoptée le 03 Aout 2020 en vous présentant ses inconvénients por certains secteurs et ses avantages pour d'autres , tout en vous montrant ses éventuels impacts sur les activites économiques.

La Banque Centrale dans sa  politique monétaire c’est à dire un ensemble de moyens dont elle  dispose pour agir sur l’activité économique par l’intermédiaire de l’offre monétaire pour assurer la stabilité interne et externe des prix et du taux d’intérêt respectivement l’inflation qui se définit comme la hausse du niveau général des prix durant une période donnée ,  le taux de change qui est la valeur de la monnaie nationale exprimée en devise étrangère , et le taux d’intérêt comme la rémunération du capital.

Elle adopte aujourd’hui  une circulaire qui stipule ceci:

Les banques et les maisons de transfert sont tenues de payer les transferts internationaux :

  1. a) en monnaie étrangère si le bénéficiaire reçoit les fonds sur son compte bancaire (en dollars américains);
  2. b) en gourdes si le bénéficiaire requiert le paiement à n’importe quel point de service (succursale, agence, bureau, kiosque) sur le territoire national. Les paiements en gourdes se font au taux de référence publié par la BRH quotidiennement. 

Elle représente simultanément un inconvénient pour certains secteurs et un avantage pour d’autres :

En effet ,d’une part ,  les bénéficiaires ne pourront  réclamer leur transfert en dollar sauf sur leur compte bancaire , sinon en gourde à n’importe quel point de service ; Cette décision pénalise les ménages qui s’occupent de toute activité qui requiert des devises étrangères notamment le dollar , par manque d’éducation financière,  perte de temps , d’énergie et frais de déplacement , pour faire des transactions cash telles que le paiement des loyers sur lequel l’Etat ferme les yeux , les honoraires, paiement à l’Ambassade, des tickets  etc … ou encore si les ménages voudraient conserver de dollars comme valeur refuge par thésaurisation. 

Les ménages souhaiteraient toujours  avoir leur argent en dollar et seront donc contraints , en ce sens , de créer  un compte libellé en dollar , ou feront pression sur la demande de dollars ce qui pourrait à court terme agir sur le taux de change en faveur du dollar.

Elle pénalise aussi les maisons de transfert qui tirent leur bénéfice dans les spread par majoration, la différence entre la vente et l’achat de dollar, et avant la circulaire , elles fixaient leur taux , mais aujourd’hui elles doivent afficher un taux suivant les taux de la BRH.

 En outre , même si la circulaire ne fait pas mention des bureaux  de change qui sont des intermédiaires financiers dont le métier principal est le change manuel, c’est-à-dire l’échange immédiat d’une devise contre une autre , cette décision pourrait diminuer  leurs activités , puisque les particuliers qui voudront se procurer des dollars vont se diriger vers les banques commerciales plutôt que dans les bureaux par absence de dollars , car les personnes sont tenues de recevoir des fonds en dollar qu’à travers leur compte bancaire et feront donc une opération bancaire sauf en cas de concurrence de taux plus élevé par rapport aux banques commerciales , offerts par les bureaux de change .

D’autre part , elle favorise les banques commerciales qui auront beaucoup plus de dollars car les particuliers recoivent leur transfert en dollar qu’à travers un compte bancaire ,  et augmenterait donc leur marge de manoeuvre pour des prêts , des créances à l’importation et au commerce qui font avoir rapidement des marges bénéficiaires , et tirer profit dans la vente et achat de dollars .

Les transferts font partie d’une des principales sources de devises et peuvent  avoir une incidence sur les réserves de change et sur le taux de change . Les transferts peuvent aussi  faire augmenter les réserves nettes de changes , des avoirs détenus par l’Etat et/ou la Banque centrale en monnaies étrangères ou en or . 

Ces réserves nettes de change pourraient aider à payer les transactions en monnaies étrangères avec l’extérieur en puisant dans les réserves. Elles sont donc considérées comme une épargne pour le pays et peuvent contribuer à limiter les dégâts liés à la flambée de change d’autre en plus qu’elles sont en baisse depuis 2017 (Source : BRH,2018).  La Banque de premier rang pourrait donc influer sur le taux de change pour éviter la rareté artificielle et les spéculations douteuses , d’autre en plus que la BRH ne peut plus injecter de dollars dans l’économie pour garder un plafond d’injection de monnaie et par le même coup éviter tout soupçon pouvant être lié à certaines activités douteuses.

Il ya plusieurs monnaies qui circulent conjointement avec la monnaie locale au niveau de l’économie qui sont même préférées par les agents économiques car elles procurent une valeur refuge par confiance et anticipation , c’est la dollarisation. En effet , notre économie est marquée depuis des décennies par cette réalité ; Adopter une telle mesure durant ce momentum  pourrait nuire aux activités économiques susceptibles de créer une poussée vertigineuse vers la demande de dollar par bon nombre de gens et par conséquent une augmentation de change.

En somme , elle pénalise à un certain niveau  les particuliers , les maisons de change, et favorise les banques commerciales et pourrait avoir une incidence positive sur les réserves nettes de change pouvant contribuer à limiter les dégâts dans la lutte contre l’effritement de la monnaie locale.

Une telle décision devrait être prise parallèlement à une éducation financière comme le fait ATREPA depuis plus d’un an en Haïti , afin de faire comprendre  aux particuliers l’importance des transactions en ligne sans se déplacer ce qui procurerait un gain en énergie , en temps et déplacement , il suffit d’avoir d’avoir de l’internet

La Banque Centrale ne peut pas à elle seule empêcher la détérioration de change sans le soutien de politique publique soutenable conjoncturellement et structurellement. En effet , la monnaie tire sa valeur de la force productive nationale, cela  revient à dire que le taux de change ne peut s’apprécier qu’à partir de la production de biens et de services , de l’exportation , et sans aucun effet de manipulation de rareté artificielle subséquente à toute spéculation .

À rappeler que l’Economie Nationale est frappée par des chocs négatifs depuis 2016 avec la tempête Mathew et par les tensions sociales, économiques et politiques à partir de juillet 2018, sans oublier la courruption et les financements monétaires du déficit budgétaire….

Le problème de change peut être résolu par la stablité politique , macro économique et par une politique publique de concert avec la BRH pour se statuer sur un plan conjointement établi dans le but de doter de ce pays une monnaie forte qui nous rappelle les temps anciens même si nous sommes aujourd’hui dans une dynamique de régime de change flottant .

À qui profite cette crise de change qui croît à un rythme effréné depuis 2015 en Haïti ? 

Atelier de Travaux de Recherches Economiques pour mieux Préparer l’Avenir ( ATREPA ) 

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